Dans le cadre de leur enseignement d’Anglais, les étudiants de 3ème année GACO Arts de l’IUT Jean moulin Université Lyon III se sont rendus à la Sucrière le 23 novembre dernier pour une visite guidée en anglais de la 14ème édition de la Biennale de Lyon.

 

Depuis sa création en 1991, Thierry Raspail, directeur artistique de la Biennale, propose à chaque commissaire d’exposition invité de réfléchir à un mot donné et ce pour 3 éditions successives. La Biennale 2017 est ainsi le second volet d’une trilogie artistique conçue autour des mots « monde moderne » au cours de laquelle Emma Lavigne, directrice du centre Pompidou-Metz nous présente sa vision par le biais du travail de plus de 75 artistes venus du monde entier.

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Que ce soit l’onirique Wide White Flow de Hans Haacke, immense drap de soie blanche ondulant infiniment au gré des ventilateurs placés dessous et qui vous envole littéralement dès l’entrée, l’hypnotique Sonic Fountain de Doug Aitken ou Welcome to Caveland !, déconcertante caverne de bâche plastique noire de Philippe Quesne, les œuvres présentées à la Sucrière sont autant d’invitations à une expérience multi sensorielle immersive qui, pour reprendre les mots d’Emma Lavigne prouvent combien  » l’imaginaire, la poésie et l’art sont à la fois les révélateurs et des antidotes à l’instabilité du temps présent.  »
Les étudiants ont été très réceptifs et sensibles à l’expérience et l’interaction proposées par chaque œuvre et, outre l’aspect artistique, le médiateur leur a aussi présenté les réalités logistiques et budgétaires de cette manifestation : budget total, financement, part budgétaire dédiée à la création d’œuvres originales, aide financière et logistique des sponsors…

Cette visite a eu en outre le mérite de réconcilier certains étudiants avec la production artistique contemporaine, perçue par beaucoup d’entre eux comme inaccessible ou totalement détachée des réalités.
Juliette et Romain ont vécu cette visite « comme un rêve éveillé. Nous avons aimé voir comment certaines œuvres, par le biais d’objets détournés de leur usage premier, pouvaient élargir notre conception du monde et de la société. Nous avons littéralement pu ressentir les œuvres exposées, en faire l’expérience sensorielle et pas uniquement les regarder passivement. »
Mateja et Lucile, toutes deux un peu hermétiques à l’art contemporain qu’elles estiment trop conceptuel et inaccessible à moins d’explications, ont été très sensibles à la plupart des œuvres présentées qui leur sont apparues  » intrigantes, belles, touchantes, pleines de sens et accessibles. Il y avait beaucoup de mouvement, beaucoup d’interactivité, nous nous sommes un peu senties comme des exploratrices et nous avons beaucoup apprécié la présence d’un médiateur qui nous a éclairé sur le processus créatif de chaque œuvre, ainsi que sur l’aspect technique et le message de l’artiste comme pour l’œuvre Sonic Fountain de Doug Aitken, par exemple.  »

Ludovic et Anaïs eux aussi un peu sceptiques vis-à-vis de l’art contemporain, selon eux difficile à comprendre et très abstrait, ont apprécié de voir des œuvres laissant libre cours à leur imagination et qu’ils ont pu de ce fait s’approprier.
Cette visite a donné ensuite lieu à une réflexion plus large menée en cours d’anglais par les étudiants, notamment sur la légitimité et le rôle de l’art et de la culture dans notre monde moderne et instable.

 

Les oeuvres qui composent ces Mondes flottants sont sous tendues Selon les mots de Nelson Goodman « elles exemplifient des formes, des sentiments, des affinités, des contrastes, qu’elles cherchent dans, ou construisent en, un monde » j’aimerais que les visiteurs de la Biennale parcourent la Biennale comme les promeneurs d’un paysage expérimental et sensoriel, élargissant leur perception, leur conception du monde.